Emmanuel Macron lors de la présentation présente du Plan France 2030 au palais de l'Élysée, le 12 octobre 2021. Emmanuel Macron lors de la présentation présente du Plan France 2030 au palais de l'Élysée, le 12 octobre 2021.

Il est une époque chérie de tous les « déclinistes ». Celle de la France d’avant. Celle des « trente glorieuses » et du plein-emploi. Celle de De Gaulle et de Pompidou. Celle d’une France offensive sur la scène internationale, dotée de projets futuristes.

Est-ce cette France fantasmée par une partie des prétendants à l’élection présidentielle de 2022 qu’Emmanuel Macron entend ressusciter d’ici à 2030 en dénichant, comme il l’a annoncé, les successeurs du « Concorde, du TGV et des réacteurs nucléaires » ?

En dévoilant, mardi 12 octobre, un plan d’investissement d’un peu plus de 30 milliards d’euros pour que la France redevienne « une grande nation d’innovations » industrielles, médicales et agricoles à même d’identifier « des projets que l’on ne connaît pas encore », le chef de l’Etat a posé le décor. L’espoir est permis, mais pour « reprendre en main le destin de la France et de l’Europe » et « défendre l’humanisme en lequel nous croyons (…), il ne faut avoir aucune nostalgie », a-t-il martelé.

Défaitisme français

Le message pourrait trahir une certaine fébrilité présidentielle. Emmanuel Macron, dont la victoire en 2017 devait aussi signer celle des « passions joyeuses » qu’il défendait « pour la liberté, l’Europe, le savoir, l’universel », a-t-il été rattrapé par le défaitisme français ?

Revoir le live : « France 2030 » : le discours d’Emmanuel Macron sur le plan d’investissement

« D’aucuns pensent que notre pays est en déclin, que le pire est à venir, que notre civilisation s’efface », dénonçait-il dans son livre programmatique Révolution (XO Editions, 2016), refusant de « se résigner ». Cinq ans plus tard, l’élan que le chef de l’Etat pensait insuffler n’a pas pris. Ou pas assez.

« Partager un diagnostic sur l’état du pays est la première étape pour séduire l’électeur »

Selon l’enquête « Fractures françaises » réalisée par Ipsos Sopra-Steria pour Le Monde, divulguée en septembre, 75 % des Français interrogés pensent que le pays est en déclin.

Le succès politico-médiatique du polémiste d’extrême droite, Eric Zemmour, potentiel candidat au scrutin de 2022 et chantre du déclinisme, est une cruelle illustration de ce penchant si français. « Eric Zemmour ne séduit pas avec son discours sombre, mais parce qu’il fait un constat que partage une partie de la population depuis longtemps. Partager un diagnostic sur l’état du pays est la première étape pour séduire l’électeur », observe Jérôme Fourquet, directeur du pôle opinions de l’institut de sondage IFOP et coauteur de La France sous nos yeux (éditions du Seuil).

Déclassement

L’idée d’une « France qui tombe », pour reprendre le titre du livre de l’économiste Nicolas Baverez, paru en 2003, n’est pas neuve. Mais la pandémie causée par le coronavirus a donné de nouveaux arguments à ceux qui s’alarment du déclassement du pays.

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Avec le plan France 2030, un Emmanuel Macron en campagne veut défendre « l’esprit de victoire et de conquête » – Le Monde
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