Emmanuel Macron après avoir visité le Musée Marcel-Proust lors des Journées du patrimoine, à Illiers-Combray (Eure-et-Loir), le 15 septembre 2021. Emmanuel Macron après avoir visité le Musée Marcel-Proust lors des Journées du patrimoine, à Illiers-Combray (Eure-et-Loir), le 15 septembre 2021.

Doit-il se lancer fin décembre ou repousser à janvier, voire février, sa déclaration de candidature pour l’élection présidentielle de 2022 ? Autour d’Emmanuel Macron, le débat fait rage depuis plusieurs semaines entre les partisans d’une entrée en campagne hâtive et ceux qui jugent préférable d’attendre le début de la présidence française de l’Union européenne, à partir du 1er janvier, pour plonger pleinement dans la bataille élyséenne.

Si la seconde option semble être aujourd’hui privilégiée à l’Elysée, la garde rapprochée du chef de l’Etat jure ne pas se soucier de cette question, considérée comme un enjeu secondaire. « La seule certitude, c’est qu’on accélère jusqu’à Noël et après, le président tranchera », résume l’entourage de M. Macron. Quel intérêt de se torturer l’esprit avec cette annonce officielle, dont personne ne doute chez ses fidèles ? Conseillers, ministres, députés… Tous voient ce rendez-vous comme une formalité, qui ne changera pas fondamentalement l’action du locataire de l’Elysée, dans la mesure où ce dernier mène déjà campagne pour sa réélection depuis plusieurs mois, sans le dire ouvertement.

Cela a commencé au cœur de l’été. Le 12 août, Emmanuel Macron suspend le contrôle technique obligatoire des deux-roues, instauré par décret, la veille, par son propre gouvernement. Pas question de « rajouter des contraintes » aux Français, tranche-t-il. Et de risquer de provoquer la colère des motards à quelques mois de la présidentielle. Depuis, le locataire de l’Elysée s’est transformé en « Père Noël », selon la formule moqueuse de l’opposition. Pas une semaine ne passe sans que le « président-candidat » annonce une aide de l’Etat pour une catégorie de Français. Comme s’il cochait méthodiquement chaque case de l’électorat.

Les agriculteurs ? 600 millions d’euros par an pour les indemniser en cas de catastrophes climatiques. Les travailleurs indépendants ? Un plan de soutien de près de 300 millions d’euros annuels. Les policiers ? 500 millions pour la mise en œuvre du Beauvau de la sécurité. Les pêcheurs ? 50 millions pour pallier les conséquences économiques du Brexit. Les sages-femmes ? 40 millions pour leur verser une prime et revaloriser leurs salaires. Les fonctionnaires de catégorie C ? Près de 250 millions pour augmenter les moins bien payés. Les personnes âgées ? Plus de 400 millions dans un plan autonomie. Les harkis ? Un projet de loi « de reconnaissance et de réparation », qui comprendra des mesures financières. Les chiens et les chats ? 15 millions pour des refuges. Sans compter les 2 milliards pour la prime à la rénovation énergétique, les 600 millions d’euros pour le chèque énergie ou encore le plan d’urgence pour Marseille, évalué à 1,5 milliard d’euros.

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Election présidentielle 2022 : Emmanuel Macron, en campagne sans le dire – Le Monde
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