Valérie Pécresse et Eric Ciotti, dans le village natal du député des Alpes-Maritimes, Saint-Martin-Vésubie, le 6 décembre 2021. Valérie Pécresse et Eric Ciotti, dans le village natal du député des Alpes-Maritimes, Saint-Martin-Vésubie, le 6 décembre 2021.

La route en lacets qui relie Nice à la vallée de la Vésubie grimpe à flanc de montagne. Escarpée, elle serpente entre les mélèzes, passe sous des tunnels étroits et sombres, longe des parois rocheuses qui se dressent à pic, vertigineuses. Régulièrement, un panneau prévient des chutes de pierres. Il faut faire attention aussi aux glissements de terrain. En contrebas dévale la Vésubie, affluent du Var que la tempête Alex a brutalement sorti de son lit, à l’automne 2020, dévastant cette vallée encaissée, faisant 9 morts, emportant 170 maisons, la gendarmerie et même le cimetière.

C’est dans ce paysage austère et meurtri que la candidate tout juste investie par le parti Les Républicains a lancé sa campagne, lundi 6 décembre. Comme un écho subliminal à la « longue route » – dit-elle – semée d’embûches qui la sépare du premier tour de la présidentielle. Entre Nice et Saint-Martin-Vésubie, village natal de son rival défait au congrès, Eric Ciotti, une heure trente de voiture, que Valérie Pécresse et lui ont fait ensemble.

Valérie Pécresse et Eric Ciotti sur le balcon de la mairie de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes), le 6 décembre 2021. Valérie Pécresse et Eric Ciotti sur le balcon de la mairie de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes), le 6 décembre 2021.

S’il a perdu le congrès avec 39 % des voix, le député des Alpes-Maritimes arrivé en tête du premier tour, jeudi 2 décembre, considère qu’il a gagné la bataille des idées et fait pression depuis pour mener la campagne « en tandem » avec la candidate, et lui imposer ses propositions radicales. Dimanche, il lui a reproché de ne pas envoyer un « bon message », alors qu’elle venait de refuser de reprendre à son compte la création d’un « Guantanamo à la française » ou la suppression du droit du sol.

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Soucieux de « déminer », les deux finalistes du congrès LR avaient donc à cœur d’afficher leur unité. Ils ont d’abord partagé des farcis niçois à La Petite Maison, à Nice, une institution qui a vu toute la droite défiler, dont Nicolas Sarkozy, qui aime y retrouver la patronne, Nicole Rubi, belle-mère de son avocat, Thierry Herzog. Puis, ils se sont exposés côte à côte sur le balcon de la mairie de Saint-Martin-Vésubie, saluant à la manière d’une tête couronnée et d’un prince consort, avant de déambuler dans les rues du village. « Maintenant, c’est le temps de l’unité ! », a répété la candidate.

Elle refuse tout « tandem »

Toute la journée, son équipe s’est employée à relativiser la passe d’armes. « Ciotti veut jouer un rôle important, et c’est normal, ça fait partie des réglages à faire », observe le député LR Eric Pauget, convaincu que le député très droitier peut « rabattre » un certain nombre d’électeurs tentés par Marine Le Pen ou Eric Zemmour, dans une campagne « qui se jouera à droite ».

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Election présidentielle 2022 : sur les terres d’Eric Ciotti, Pécresse ménage sa droite – Le Monde
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