Emmanuel Macron, l’éternelle reconquête des maires – Le Monde
Rassemblement des élus locaux de la majorité présidentielle, en marge du congrès de l’Association des maires de France, à Paris, le 16 novembre 2021. Rassemblement des élus locaux de la majorité présidentielle, en marge du congrès de l’Association des maires de France, à Paris, le 16 novembre 2021.

Comme il en a pris l’habitude depuis la première année de son mandat, en 2017, Emmanuel Macron devait recevoir à l’Elysée, mercredi 17 novembre, au deuxième jour du congrès de l’Association des maires de France (AMF), un millier d’élus avec lesquels il s’entretiendra directement. Si les dirigeants de l’AMF n’ont jamais apprécié cette « invitation au Château », les maires, eux, prisent ce moment d’échange, qui se prolonge souvent tard dans la soirée. Le président de la République, quant à lui, n’y boude pas son plaisir, se prêtant volontiers aux étreintes et aux selfies.

Le lendemain, c’est lui qui se déplacera porte de Versailles, au Parc des expositions, où il interviendra en clôture du congrès, pour la troisième et dernière fois de son mandat – plus qu’aucun de ses prédécesseurs. Il aura seulement fait faux bond à l’édition de 2018, tandis que la crise liée au Covid-19 a empêché la tenue de celle de 2020. Mais l’histoire nouée au fil du quinquennat qui s’achève n’a rien d’une divine idylle avec les édiles. M. Macron n’a jamais réussi à parapher ce « contrat de confiance » qu’il appelait de ses vœux à l’orée de sa présidence.

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La faute originelle ? L’été 2017 aura été le déclencheur. Il avait bien commencé, avec l’installation de la Conférence nationale des territoires. Il s’est mal terminé quand, entre-temps, sont intervenues successivement les annonces de l’annulation de 300 millions d’euros de crédits pour les collectivités, appelées par ailleurs à réaliser 13 milliards d’euros d’économies sur leurs dépenses de fonctionnement, de la suppression des emplois aidés et de la baisse des aides personnalisées au logement. Et, surtout, il y a cette suppression de la taxe d’habitation, promesse du candidat Macron mais qui reste en travers de la gorge des élus de tout bord, y voyant la quintessence de la reprise en main par l’Etat de leurs ressources fiscales, l’emblème d’une volonté de « recentralisation » qu’ils n’auront de cesse, dès lors, de dénoncer. Dès l’automne 2017, le président de l’AMF, François Baroin, « alerte solennellement sur le risque de rupture ».

Confrontation ouverte avec l’exécutif

A son arrivée à la tribune du congrès, ce 23 novembre 2017, le président de la République est accueilli par quelques sifflets et huées. « Les sifflets ne m’ont jamais beaucoup étourdi », réagit-il aussitôt, bien décidé à faire front et à défendre ses choix. « J’ai besoin de vous », lance-t-il à plusieurs reprises. Sans pour autant avoir convaincu son auditoire, il achève son discours sous les applaudissements. Mais le décor est planté, le récit d’un chef de l’Etat « hors-sol », sans relais ni attaches dans les territoires, est installé.

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