Entre Emmanuel Macron et Xavier Bertrand, comme un avant-goût de débat présidentiel – Le Monde
Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, et le chef de l’Etat Emmanuel Macron au Familistère de Guise (Aisne), le 19 novembre 2021. Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, et le chef de l’Etat Emmanuel Macron au Familistère de Guise (Aisne), le 19 novembre 2021.

« Deux secondes sur un dossier ? », demande Xavier Bertrand. « Bien sûr ! », rétorque Emmanuel Macron. S’en suit une poignée de main interminable entre les deux hommes, les yeux dans les yeux, dans une ambiance électrique. Comme deux boxeurs qui se jaugent avant un combat. Et comme si le duel entre eux était déjà bel et bien engagé.

A cinq mois de l’élection présidentielle de 2022, le déplacement du chef de l’Etat dans les Hauts-de-France, vendredi 19 novembre, a donné lieu à un échange sous haute tension avec le président Les Républicains (LR) de la région. L’un est en campagne pour sa réélection à l’Elysée, sans être officiellement déclaré ; l’autre concourt à la primaire de la droite, dans l’espoir d’obtenir l’investiture de sa formation pour le scrutin élyséen.

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En fin d’après-midi, à l’arrivée du président de la République à Guise (Aisne), devant le Familistère Godin, une cité ouvrière modèle du XIXe siècle, le traditionnel accueil républicain des élus locaux a pris une tournure très virile. M. Bertrand a interpellé M. Macron sur le sort des salariés de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), sans lui lâcher la main, pendant… plus de trois minutes. Les deux hommes se coupant la parole à de multiples reprises.

« La solution retenue n’est pas satisfaisante », attaque le président des Hauts-de-France, en demandant au gouvernement de « baisser le tarif de l’électricité » sans attendre pour l’aciériste français, dont le propriétaire a menacé de délocaliser temporairement une partie de sa production en Allemagne.

Jeudi, la ministre chargée de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé que le contrat liant l’usine à EDF allait « changer au 1er janvier » pour « stabiliser » le prix de l’électricité. Et ainsi convaincre le groupe allemand, Saarstahl, qui a racheté le site nordiste il y a quatre mois, de ne pas transférer 40 % de sa production outre-Rhin, où les hauts fourneaux tournent au charbon, bien moins cher que l’électricité. Après de multiples réunions, Bercy a annoncé jeudi soir que Saarstahl renonçait à son projet de délocalisation. Un abandon confirmé par le groupe allemand vendredi après-midi.

« Vous savez peut-être mieux que tous les autres… »

Mais d’après M. Bertrand, le sort du site, qui emploie 270 salariés, est pourtant loin d’être assuré sur le long terme. « Le problème, c’est le tarif de l’électricité. Quand ils auront de la concurrence avec les Allemands et le charbon, ils ne seront pas compétitifs, il faut leur accorder le tarif préférentiel. C’est la seule façon de les aider… », plaide-t-il devant M. Macron.

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