Eric Zemmour, qui fait assaut de radicalité, attire naturellement les éléments les plus proches de l’ultradroite, quand Marine Le Pen, au nom de la dédiabolisation, a eu fort à faire depuis des années pour les écarter. Ce compagnonnage n’effraie guère l’ancien journaliste du Figaro. Pour les orphelins de la droite extrême, royalistes, identitaires, suprémacistes blancs ou catholiques ultraconservateurs, l’ascension rapide d’Eric Zemmour tient de la divine surprise. Mais ces soutiens du polémiste d’extrême droite sont parfois encombrants et effraient passablement ceux venus de la droite classique.

Le presque candidat peut évidemment compter sur l’appui des catholiques traditionalistes du Mouvement conservateur (auparavant Sens commun), mais il entraîne aussi les intégristes de Civitas, pour lesquels « Eric Zemmour incarne un véritable espoir de salut pour notre identité menacée de disparition par l’immigration ». Les jeunes de l’Action française, ravis d’avoir un candidat aussi familier de Charles Maurras et qui souhaite devenir « un roi républicain », sont enthousiastes. « Nous sommes patriotes avant d’être monarchistes. Si le bien commun passe par avoir un président comme Zemmour, alors très bien », assure l’ancien porte-parole de l’Action française, Antoine Berth.

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D’anciens mégrétistes et des orphelins de Génération identitaire, dont le mouvement a été dissous le 3 mars, militent discrètement pour l’ancien chroniqueur de CNews ; Jean-Yves Le Gallou, l’inventeur dans les années 1980 de la préférence nationale pour le Front national, et Thomas Joly, président du minuscule Parti de la France, soutiennent, eux aussi, publiquement le quasi-candidat.

La première alerte est venue d’un groupuscule inconnu, la Famille gallicane, qui a rejoint Génération Z et s’est filmé dans une forêt en train de tirer sur des caricatures de juif au nez crochu, de musulman couvert d’un chèche et de Noir aux cheveux crépus. La révélation de la vidéo par le site StreetPress a embarrassé Stanislas Rigault, le jeune président de Génération Z, qui a aussitôt assuré que les deux membres de cette Famille gallicane avaient été « évidemment immédiatement dégagés du mouvement », et reconnu qu’« on n’a[vait] pas fait un test de moralité avant ». Lui-même, étudiant en droit à l’Institut catholique de Vendée, a fondé en 2019 L’Etudiant libre, un média qui s’est spécialisé dans « la droite hors les murs », au point d’avoir publié un « entretien avec Luminis : une association identitaire au service des plus démunis », une association qui, surtout, se revendique de François Duprat, le premier négationniste français, a indiqué Mediapart.

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Eric Zemmour, nouveau pôle d’attraction de l’ultradroite – Le Monde
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