« Foucauld repousse chaque fois l'horizon de ses limites » - La Croix

« Foucauld repousse chaque fois l’horizon de ses limites » – La Croix

La Croix l’Hebdo : Charles de Foucauld n’en faisait-il qu’à sa tête ?

Sébastien de Courtois : Un mystique considère une autre hiérarchie. L’administration coloniale lui était pesante, il devait être têtu comme une bourrique et impossible à gérer ! Cette obstination me le rend très sympathique. J’aime beaucoup sa correspondance, vivante, incarnée, descriptive. Chaque étape de sa vie lui permet d’avancer, de franchir un pas supplémentaire. Il repousse à chaque fois l’horizon de ses limites d’homme et de religieux. Il est un exemple. On est toujours trop conformiste !

→ GRAND FORMAT. Traverser nos déserts avec Charles de Foucauld

Pourquoi l’appel du désert ?

S. C. : Le vide attire, c’est pour cela qu’on a le vertige. Dans le désert, c’est un vide horizontal. Le rapport au désert est quelque chose de très intime, à chacun d’apporter sa réponse. Passer par le désert est une expérience stupéfiante, mais de là à y vivre… Charles de Foucauld n’est pas simplement un voyageur, un passeur, il a tout laissé pour vivre cet absolu et se dédier à la culture de ces peuples.

Foucauld écrit : « Quand je rêve, les horizons du désert me font signe. » Quels sont ces signes ?

S. C. : Ceux que la nudité de l’âme, entraînée par la vie au désert, vous oblige à lire. C’est une question de survie, comme chez Saint-Exupéry. Il y a une obligation d’être à l’écoute, y compris concernant les signes du divin. La radicalité vient de l’obligation de décrypter ces signes.

Recherche Google News – Cliquez pour lire l’article original