Prédicateur libyen accusé de discrimination raciale à Bienne - SWI swissinfo

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C’est dans la mosquée Ar’Rahman à Bienne que le prédicateur controversé aurait lancé des appels à la haine visant d’autres religions (archives).
KEYSTONE/PETER KLAUNZER sda-ats

Ce contenu a été publié le 20 juin 2022 – 09:12

(Keystone-ATS)

C’est un procès très attendu qui s’est ouvert lundi à Bienne. Un prédicateur libyen doit répondre de discrimination raciale. Il est accusé d’avoir tenu des propos haineux envers les chrétiens, les juifs et les chiites lors d’un prêche dans une mosquée en 2017.

Abu Ramadan aurait lancé cette diatribe envers les non-musulmans durant un sermon en arabe à la mosquée Ar’Rahman à Bienne, le 7 juillet 2017. Il a fallu beaucoup de temps pour établir l’accusation de discrimination raciale. Un expert a dû traduire le prêche d’arabe en allemand et une expertise supplémentaire a été nécessaire pour interpréter les propos traduits.

Compte tenu de ces éléments, le Ministère public régional Jura bernois-Seeland estime avéré que ce sexagénaire a exprimé à de réitérées reprises le souhait d’éradiquer les membres de certaines ethnies et religions. Il a de ce fait lancé un appel à la haine, se rendant coupable de discrimination raciale.

Quelques mois après le sermon controversé, celui qui exerçait comme imam à la mosquée Ar’Rahman a contesté dans la presse avoir tenu de tels propos haineux. Il a ainsi affirmé n’avoir jamais prié Allah “d’anéantir les ennemis de l’islam”. Ses citations auraient été mal traduites.

La communauté musulmane biennoise avait souffert de cette affaire qui a rencontré un large écho médiatique. Elle juge important de faire des efforts supplémentaires dans la formation des imams en Suisse pour éviter d’en arriver à de telles situations..

Abus à l’aide sociale

Abu Ramadan doit aussi répondre de suspicion d’escroquerie commise à plusieurs reprises entre 2003 et 2017. Ce chef d’accusation est fondé sur une enquête complexe intervenue à la suite de la dénonciation des autorités de Nidau (BE), sa commune de domicile. Le prédicateur se serait enrichi par le biais de prestations sociales touchées indûment.

Le prévenu avait indiqué à la commune qu’il n’avait pas de revenu ni de fortune. Or l’examen de documents et les auditions de tiers ont révélé qu’il organisait des voyages. Cette activité lui rapportait en partie un revenu. Ce Libyen est donc accusé d’enrichissement illégitime par le biais de l’aide sociale.

Les autorités pénales ont dû déployer d’importants moyens pour mener leur enquête. Le prévenu n’a pas coopéré et a refusé de répondre aux questions sur ses revenus, selon le Ministère public. Aujourd’hui, le prévenu est libre de ses mouvements.

Retrait du statut de réfugié

Ce ressortissant libyen arrivé en Suisse en 1998 comme demandeur d’asile a perdu ce statut fin 2017 car il s’est rendu plusieurs fois ouvertement dans son pays sans jamais être inquiété. Abu Ramadan est au bénéfice d’un permis C. S’il est reconnu coupable, il risque d’être expulsé de Suisse.

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