Emmanuel Macron participe à la cérémonie de commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918, jeudi 11 novembre 2021. Emmanuel Macron participe à la cérémonie de commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918, jeudi 11 novembre 2021.

L’entreprise de terrassement continue. Après avoir démoli la gauche en 2017, Emmanuel Macron secoue avec insistance la droite sur ses fondations depuis quatre ans et demi dans l’espoir de la voir s’écrouler à son tour. A cinq mois de l’élection présidentielle de 2022, le chef de l’Etat ne dévie pas de l’objectif qu’il s’est fixé au début de son quinquennat : empêcher l’émergence d’une candidature crédible de ce côté-là de l’échiquier, afin de garantir les conditions de son éventuelle réélection. Une stratégie qui s’est illustrée une nouvelle fois, mardi 9 novembre, lors de son allocution télévisée, censée aborder la crise sanitaire mais qui s’est bien vite transformée en discours de campagne. « Emmanuel Macron a fait une tentative de hold-up à nouveau sur les idées de la droite », a dénoncé dès le lendemain la présidente (Les Républicains, LR) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, sur France Inter.

Cette fois, les stratèges de l’exécutif sont partis d’un constat : le soutien dont le chef de l’Etat peut bénéficier depuis 2017 auprès de l’électorat de droite vient avant tout de son action dans le domaine économique et social, à tonalité libérale. Ce dernier n’a pas intérêt à ce que la campagne présidentielle se joue sur les thèmes de la sécurité et de l’immigration, en théorie plus porteurs pour le futur candidat LR (qui sera désigné le 4 décembre) ou les représentants de l’extrême droite, Marine Le Pen et Eric Zemmour.

Contrairement à d’autres prises de parole, M. Macron n’a donc pas insisté sur le domaine régalien dans son allocution. Il a entonné au contraire une ode à la valeur travail, terme employé à dix-huit reprises. Un « fil rouge » revendiqué du quinquennat, dans l’espoir de s’accaparer un item dont Nicolas Sarkozy avait fait avant lui un de ses étendards.

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Comme lui, le chef de l’Etat a brandi cette valeur pour s’ériger en défenseur du « mérite » et de « l’effort ». Après avoir présenté la mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage, le 1er octobre, comme une manière d’inciter les chômeurs à la reprise d’un emploi, il a prévenu que ceux « qui ne démontreront pas une recherche active verront leur allocation suspendue ». Contrairement à ce qu’ont pu laisser penser ses propos, aucun durcissement des sanctions n’est pourtant prévu ; seulement une augmentation du nombre de contrôles. Un coup de menton essentiellement destiné à envoyer un message politique à une partie de l’opinion sensible à la question de l’« assistanat », dans la mesure où la suppression de l’allocation-chômage est déjà prévue en cas d’insuffisance démontrée dans les recherches d’emploi.

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Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron continue à étouffer la droite – Le Monde
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