La Bretagne… Une belle région pour un déplacement de campagne de Marine Le Pen, surtout quand il s’agit de dénoncer l’éolien offshore qui y est très présent. La candidate du Rassemblement national veut en effet y mettre un terme. Et elle l’a fait savoir une nouvelle fois, au cours d’une conférence de presse ce vendredi midi. 

Ses premiers mots ont toutefois visé sa rivale Valérie Pécresse (LR), et même son mari, Jérôme Pécresse. « En 2011, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a attribué quatre appels d’offres d’éoliennes en mer. Si celui de Saint-Brieuc est pour l’Espagnol Iberdrola – permettez-moi de rappeler qu’au moment de l’attribution de cet appel d’offres, une certaine Valérie Pécresse était ministre du Budget et son mari Jérôme Pécresse dirigeait la filiale éolienne d’Alstom qui remporta les trois autres marchés », a déclaré Marine Le Pen (à partir d’1 mn 30 dans la vidéo ci-dessous)

L’attaque est claire. Et il convient pour le parti Les Républicains de riposter.

Sur Twitter, une heure après cette déclaration, le compte « @RipostePecresse » publie un message qui vise à « rétablir la vérité et combattre les infox sur Valérie Pécresse » : «  En 2011, Jérôme Pécresse était chez Imerys (et non Alstom) au moment des appels d’offres. Il s’agit donc de diffamation, ou d’un nouveau moyen de produire du vent… »

Alors oui, mais en fait non. Jérôme Pécresse a bien travaillé pour Imerys, jusqu’en… juin 2011. Il a été nommé à cette date à la présidence d’Alstom Renewable Power, comme le dit Marine Le Pen. A l’époque, le média L’Usine nouvelle, citant Reuters, s’en était d’ailleurs fait l’écho. Mais, surtout, le profil LinkedIn de Jérôme Pécresse en atteste. 

Il était donc effectivement président de la partie « énergies renouvelables » d’Alstom au moment de l’appel d’offres. Celui-ci avait été publié le 5 juillet 2011 au Journal officiel de l’Union européenne et le cahier des charges rendu public par le gouvernement français le 11 juillet. Les candidats avaient jusqu’au 11 janvier 2012 pour remettre leur projet. Et c’est en avril 2012 que les vainqueurs ont été annoncés. Sur toute cette période, Valérie Pécresse était bien ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’État. Elle a été en poste du 29 juin 2011 au 10 mai 2012. 

Qui a obtenu les projets ?

Petite précision, cinq zones étaient concernées par l’appel d’offres (et non quatre, comme le dit Marine Le Pen) : il s’agissait du Tréport, de Fécamp, de Courseulles-sur-Mer, de Saint-Brieuc et de Saint-Nazaire. Toutefois, un des projets n’a pas abouti, celui du Tréport, et quatre ont donc été attribués. 

Là encore, Marine Le Pen dit vrai. Ailes Marines SAS, société regroupant principalement le groupe espagnol Iberdrola et Eole-RES, a obtenu le site de Saint-Brieuc. C’est Areva qui a été chargé de fournir les éoliennes. EDF EN et Dong Energy, regroupées au sein de la société Eolien Maritime France, ont eux obtenu les trois sites de Courseulles-sur-Mer, Fécamp et Saint-Nazaire. Et c’est Alstom qui a été chargé de fournir les éoliennes. 

Factuellement donc, tout est vrai. Pour ce qui est de l’insinuation qui transpire de la déclaration de Marine Le Pen par contre, c’est une autre histoire. 

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