La présidente du Conseil régional d’Île-de-France et candidate à la désignation de la droite à la présidentielle était notre invitée ce lundi. Elle est intervenue au lendemain de son second débat face à ses rivaux des Républicains.

La veille, sur notre plateau, les cinq candidats à la désignation de la droite en vue de la présidentielle ont rivalisé de propositions draconiennes visant à réduire l’immigration. Ce lundi, Valérie Pécresse, invitée de RMC-BFMTV, a creusé ce même sillon.

“Il faut arrêter l’appel d’air”, a lancé celle qui figure parmi ces prétendants à l’investiture du congrès du 4 décembre, martelant: “Trop de personnes ne viennent en France que pour toucher les prestations sociales.” La présidente du Conseil régional d’Île-de-France suggère de revoir la politique de redistribution afin de décourager l’immigration, même régulière. En effet, si, évoquant les salariés immigrés – cotisant et payant des impôts – elle a d’abord garanti qu’ils auraient “droit aux prestations contributives – accident du travail, assurance-maladie – c’est-à-dire celles pour lesquelles ils cotisent”, elle a exclu qu’ils puissent percevoir les autres prestations – à commencer par les APL – avant “cinq ans”.

Pécresse veut des “quotas par métier”

Dimanche soir, sur notre plateau, la Francilienne, souvent présentée comme une candidate de centre-droit, a plaidé pour la fin de “l’automaticité du droit du sol”. Ce lundi, elle a en revanche sèchement réfuté le moratoire avancé par son concurrent Michel Barnier: “Son moratoire n’est qu’un slogan. L’immigration zéro n’est pas possible, ce qui est possible c’est de décider de qui on accueille.”

Valérie Pécresse a alors cité les trois types d’immigration dont elle permettrait la présence sur notre territoire si elle accédait à l’Elysée, listant “les étudiants étrangers”- dont elle veut exiger un examen jaugeant leur maîtrise du français et un test vérifiant qu’ils ont bien le niveau baccalauréat, “le regroupement familial”, et donc “l’immigration de travail”. “On ne peut pas faire sans l’immigration de travail”, a-t-elle admis. Valérie Pécresse a toutefois voulu la contenir dans des “quotas par métier”.

“Ma position est simple: il faut des quotas par métier. On doit pouvoir dire: ‘On a besoin de tel talent si vous l’avez, vous pouvez rentrer’.”

L’Europe est en ce moment même embourbée dans une terrible crise migratoire. Des milliers de migrants sont massés, en Biélorussie, contre la frontière polonaise dans des conditions très précaires, tandis que le froid ne cesse de se renforcer dans la région. Pologne et Union européenne voient dans cette situation la main d’Alexandre Loukachenko, autocrate biélorusse, et la main de son allié russe.

Valérie Pécresse n’a pas dévié de ce discours: “On ne peut céder au chantage migratoire d’Alexandre Loukachenko. Quand un dictateur veut vous mettre à genoux on ne peut céder”, assurant que le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU devait “prendre en charge” ces migrants, tout en ajoutant plus tard: “Aujourd’hui, c’est l’Europe qui peut aider la Pologne.” “La frontière polonaise c’est la frontière française”, a-t-elle argué.

La candidate à la candidature de la droite y est allée de sa proposition à l’échelon continental: “Je propose un droit d’asile à la frontière, avec une demande examinée sous 15 jours, et si on est débouté, on doit rentrer” dans son pays d’origine.

Robin VernerRobin Verner

Robin Verner Journaliste BFMTV

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Test de français, quotas par métier: Valérie Pécresse déroule son programme sur l’immigration – BFMTV
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